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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 13:22

"C'est la pire histoire que j'ai raconté" (Eric Guirado)

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Le début de l'hiver est un court-métrage réalisé par Eric Guirado (visionnez-le intégralement à la fin de cet article), sélectionné aux Lutins du court-métrage 2011. Il s'attaque à un sujet délicat et encore tabou dans notre société : la pédophilie. « J’ai le sentiment que le court-métrage a souvent une force supérieure au long-métrage parce que ça peut être plus incisif, ça peut-être plus pointu, ça peut-être évidemment plus court, donc plus percutant. (...) dans le milieu du court-métrage j’aime qu’il y ait de tout mais je regrettais depuis longtemps qu’il n’y ait pas de temps en temps un film un peu percutant, un peu très dérangeant, presque des films qu’on a pas envie de voir forcément. Je me suis dit je vais m’y coller au film qu’on a pas envie de voir. Je vais en faire un. » Faire ce film a été très compliqué. Le plus dur était de trouver les partenaires. Eric Guirado a tout entendu. Ex :  « ce film pourrait donner des idées à des pédophiles avérés », « qui ne sait pas fait tripoter dans son enfance ? es-ce qu’il faut en faire un film ? » C’est grave. Le réalisateur pense que c’est minimiser quelque chose de grave. Des réactions très violentes également ont éclaté : « il ne fallait pas faire ce film »,  « Ce n’est pas le rôle de la télévision de montrer cela ».

 

« Qu’est ce que le récit d’un acte de pédophilie ? voyons à l’écran comment ça allait se passer. » (Eric Guirado)

Faire ce film a été le parcours du combattant. « Il y a eu beaucoup de résistance. Il y a eu de l’embarras, de la gêne...pour différentes raisons mais de là à empêcher le film de se faire... ». Un sujet difficile : un enfant se fait violer par un homme alors qu'il rentre de l'école.

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« Dans mon film ce que je n’aime pas c’est d’avoir eu à faire ce film. J’aime pas avoir mis trente ans pour faire ce film. Je m’en serai bien passé. » Faire un film, pourquoi ? pour qui ? toutes ces questions récurrentes qu'un cinéaste peut ou doit se poser. Pour Eric Guirado, faire ce film est une thérapie mais aussi un moyen de se mettre du côté des victimes, de les comprendre. Lorsque l'on regarde ce film, on sait que ce sera la première et la dernière fois qu'on le verra. Du moins on se le dit. Ce n'est pas un film qu'on aime voir. Pourquoi ? Posons nous cette question. Chacun aura sa propre réponse.

« Il y a une question que tout le monde ne me pose pas parce que c’est trop embarrassant, la réponse est oui. Personne n’ose me demander si ça m’est arrivé ou pas. Et je trouve ça élégant qu’on me le demande pas, je préfère comme ça j’ai pas à répondre que oui. Le plus important c’est que le film existe maintenant et que je puisse parler du film. J’aurai pu ne pas être là pour en parler, et j’aurai pu ne pas faire ce film si ça c’était déroulé plus mal. (...) Apporter ma pierre à une forme de résistance, de lutte contre ça parce que j’ai bien peur que la pédophilie se porte très bien en France. (...) On craint pas tant que ça en France à être pédophile. »
Eric Guirado explique que pour faire le film ils se sont retrouvés dans les lieux de son enfance, il dit que c’est comme si il était retourné sur place pour exorciser quelque chose, faire une cérémonie pour en finir avec cette histoire. « Tous les décors du film sont les décors de mon enfance et de cette histoire, c’est un peu étrange mais c’est comme ça. »

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Comment s'est passé la direction d'acteurs du film ?

 Agé de 13 ans lors du tournage du début de l'hiver, Arnaud Prusak n'en est pas à son premier film : pour voir sa filmographie complète allez ici. Arnaud est la voix française de Léonard Proxaul qui joue Martin dans Le ruban blanc de Michael Haneke (2009).
Toutefois, je me pose plusieurs questions : l'acteur qui a fait le rôle de l'enfant, comment a-t-il été dirigé ? car il a fallu lui expliquer la scène du viol, ce qu'elle implique et tout ce qu'il doit contenir d'émotions pour jouer son rôle. Le casting également a t-il été difficile ? les parents des enfants compréhensifs ? J'aimerai en savoir plus sur cette question et invite le réalisateur et/ou des membres de l'équipe à y répondre. En tous cas, je remercie Eric Guirado pour avoir osé faire ce film malgré toutes les embûches. Cela prouve que ce mêtier n'est pas mort tant qu'il y aura des Hommes qui vont au bout de leurs idées en y croyant très fort.

Ce court-métrage fait parti de la sélection des 8 films projetés le 16 juin dans toute la France dans plusieurs cinéma Gaumont et Pathé. Découvrez l'entretien très intéressant avec Eric Guirado réalisé pour Les Lutins du court-métrage 2011 (toutes les phrases dites par Eric Guirado dans mon article viennent de cet entretien).

 Biographie/filmographie de Eric Guirado

Né à Lyon en 1968, Eric Guirado commence par le journalisme puis il réalise des portraits et des documentaires pour les télévisions régionales de France 3. Il se lance dans le court métrage en 1994 avec Lonelytude ou une légère éclaircie. Il se fait remarquer avec Un petit air de fête, qui obtient le César du court métrage en 2001, ainsi que le prix Kodak de la quinzaine des réalisateurs à Cannes en 1999. En 2002, il écrit et réalise son premier long métrage, Quand tu descendras du ciel. En 2007, il co-réalise (avec Agnès Ribouton) Comoedia, une renaissance, sur les travaux de rénovation et la réouverture du célèbre cinéma lyonnais. La même année sort son deuxième film, Le Fils de l’épicier. Nourri des personnages qu'il a rencontrés au fil de ses reportages, Eric Guirado revendique le caractère réaliste et social de son cinéma. Le Début de l’hiver produit en 2009 a fait le tour du monde des festivals de courts métrages.

 

  • Lonelytude ou une légère éclaircie, court-métrage, réalisateur, 1994.
  • Un petit air de fête, court-métrage, réalisateur, 1999.
  • Super boulette, court-métrage, réalisateur, 2000.
  • Je suis un super héros, court-métrage, ré.alisateur, 2000.
  • & frères, court-métrage, réalisateur, 2000.
  • Etoffe, court-métrage, réalisateur, 2000.
  • De marbre, court-métrage, réalisateur, 2000.
  • Quand tu descendras du ciel, réalisateur, scénariste et dialoguiste, 2003.
  • Le fils de l'épicier, réalisateur et scénariste, 2007.
  • Le début de l'hiver, court-métrage, scénario et réalisation, 2009.
  • Mémoires d'une jeune fille dérangée, court-métrage, producteur délégué, un film de Keren Marciano, 2009.
  • Possessions, sortie prévue prochainement, réalisateur, scénario-adaptation-dialogues de Eric Guirado et Isabelle Claris.

 

Possessions (en cours de production) générique à découvrir ici de Eric Guirado avec Jérémy Renier, Julie Depardieu, Lucien Jean-Baptiste et Alexandra Lamy. Ce sera le 3ème long-métrage de Eric Guirado. Possessions s'inspire directement de la terrible Affaire Flactif qui avait ému et choqué l'opinion en 2003. Le 11 avril de cette année, Xavier Flactif, un promoteur immobilier ayant bien réussi, sa femme et ses enfants furent sauvagement assassinés dans leur chalet du Grand-Bornand en Haute-Savoie par leur voisin, David Hotyat, et quelques complices. Le mobile d'un tel massacre : une sombre histoire de jalousie, voire de racisme. Le principal accusé, dont s'inspire le personnage joué par Jérémie Renier, sera condamné à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans.

Produit par Thomas Anargyros et Edouard de Vesinne pour Incognita Films, Possessions bénéficie notamment d’une coproduction de Rhône-Alpes Cinéma et d’une avance sur recettes du Centre National du Cinéma et de l'image animée (CNC). Le tournage se déroulera à Méribel. La distribution France sera assurée par UGC.

Sources du résumé du film : Cineuropa


Voici le court-métrage Le début de l'hiver de Eric Guirado très joli titre évoquant un changement de saison, mais aussi le début du froid, des journées plus courtes, le début d'une tragédie que l'enfant traînera pendant toute sa vie avec lui----Synopsis : Par un matin d’hiver, un jeune garçon marche le long d’une route isolée dans la campagne. Un camion s’arrête. Le conducteur propose à l’enfant de l’emmener. Peu à peu, l’homme se montre entreprenant jusqu’à commettre l’irréparable. Produit par Les Films du Poisson, 15 min. N'hésitez pas à donner vos commentaires sur ce film.

 

 

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Published by Emilie Souillot - dans Autres court-métrages
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Malgré tous les efforts de Raoni et du soutien de tous, rien n'empêchera la construction du barrage Belo Monte en Amazonie Brésilienne, le 3ème plus gros au monde, qui va tuer plusieurs espèces animales, continuer d'abîmer la forêt amazonienne et faire déplacer des milliers de populations indigènes qui savent encore vivre avec la nature et sans avoir besoin d'argent. Le 1er juin 2011, le feu vert a été donné pour sa construction mais on peut encore faire quelque chose, continuer d'encourager tous les efforts de ces peuples qui ne veulent pas perdre leur tradition, qui veulent vivre en harmonie avec la nature encore longtemps. Signez la pétition, afin que nos idées et nos soutiens puissent encore vouloir dire quelque chose dans un monde qui devient sourd.

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Pour la lire c'est ici

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